Loi Veil, 40 ans: 17 Janvier 1975 – 17 janvier 2015

16 Jan

Les 40 ans de la Loi Veil sont marqués par l’annonce de nouvelles mesures par Marisol Touraine, ministre de la Santé et par un colloque et une manifestation pour les droits des femmes organisée samedi à Paris par des collectifs féministes et le Planning Familial et intitulée « Bougez pour l’IVG ».

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Après l’adoption de la loi, il s’agit aujourd’hui d’une deuxième étape, indique la ministre de la Santé. « La loi Veil est une loi de progrès, un cadre accepté par l’écrasante majorité des Français, affirme Marisol Touraine. Il s’agit désormais de s’assurer que ce droit peut être exercé simplement. »

Or, Madame Touraine, rappelez vous sur quels mensonges cette abjecte loi a été promulguée:

La loi Veil devait soit disant contribuer à réduire le nombre des avortements : 40 ans plus tard, ils ont explosé.

La loi Veil devait soit disant favoriser le soutien aux femmes en détresse souhaitant garder leur bébé : 40 ans plus tard, ce volet de la loi n’a jamais été mis en œuvre.

La loi Veil devait soit disant libérer les femmes des grossesses imposées : 40 ans plus tard, ce sont 80 % des avortements qui sont imposés à la femme enceinte par son entourage, les parents des jeunes filles mineures ou le compagnon de la femme majeure.

La loi Veil devait soit disant donner le choix aux femmes : 40 ans plus tard, l’extension du délit d’entrave à l’avortement menace tous ceux qui voudraient proposer des solutions alternatives et a donc réduit à presque rien la possibilité du choix.

La loi Veil devait soit disant rendre les femmes plus heureuses : 40 ans plus tard, le syndrome de stress post abortif est un sujet tabou et le regret de l’enfant qu’on a porté dans son ventre n’est ni reconnu, ni pris en charge.

Nous sommes entrés dans l’horreur il y a 40 ans. Mais nos dirigeants poursuivent leur marche funèbre par de nouvelles mesures mises en place cette année. Voici en bref le plan initié par Madame Touraine:

L’IVG médicamenteuse pratiquée par les sages-femmes

Parmi les principales mesures rendues publiques ce vendredi, l’autorisation donnée aux sages-femmes de pratiquer des IVG médicamenteuses. L’interruption volontaire de grossesse par voie médicamenteuse a été autorisée en France hors milieu hospitalier en 2004. Depuis 2008, cette forme d’IVG est la plus fréquente. Elle représentait ainsi plus de la moitié (55%) des IVG en 2011.

Les examens remboursés à 100%

Autre mesure, très attendue par les associations féministes, le remboursement à 100% des examens entourant l’IVG (échographie, analyses…). Un numéro unique d’appel sera également mis en place. Après le site Internet ivg.gouv.fr lancé en janvier 2014, ce numéro de téléphone unique et anonyme sera géré par le Planning familial. Il sera opérationnel en septembre.
Dans un communiqué publié aujourd’hui, le Planning Familial « se félicite des mesures annoncées par Marisol Touraine.
« Le remboursement à 100% de tous les actes afférents à la bonne réalisation de l’IVG représente une nouvelle avancée  en favorisant l’accès de toutes à l’avortement, quelle que soit leur situation sociale, économique ou territoriale, mineures ou étrangères. Toutefois le maintien du délai de réflexion et de la clause de conscience grève encore la pleine reconnaissance du droit de choisir pour les femmes. »est-il-écrit dans le communiqué.

Des plans régionaux élaborés

Les Agences Régionales de Santé seront chargées d’élaborer un « plan régional pour l’accès à l’avortement ». Ce dernier point répond aux revendications de Planning familial qui dénonce de grandes inégalités d’accès à l’IVG selon les régions. La fermeture de 130 établissements pratiquant l’IVG et la baisse du nombre de gynécologues ont encore accru ces difficultés.

Le problème des délais dépassés

Des délais d’accès à la consultation ou pour obtenir un rendez-vous qui conduit à de nombreux délais dépassés. Pour les responsables du Planning Familial, c’est un problème qui se posent de plus en plus souvent. Il y aurait chaque année en France entre 300 et 500 femmes qui se voient contraintes d’aller accoucher à l’étranger car elles ont dépassé le délai légal de 12 semaines pour avorter en France.
Le Poitou-Charentes ne fait pas partie des régions les plus mal placées pour l’accès à l’IVG, pourtant, par exemple, le Planning Familial 86 reçoit chaque année en moyenne une quinzaine de femmes dans cette situation de détresse.  Les difficultés d’accès aux rendez-vous médicaux n’expliquent pas tout. De plus en plus de femmes sous contraceptif s’aperçoivent trop tard de leur grossesse. Les dosages très faibles ou les conditions de prise de certaines pilules sont montrées du doigt.

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